ROAD-TRIP EN CALIFORNIE #3

 

DIRECTION LE DESERT !

Nouvelle journée, nouvelle destination, le désert. Mais d’abord le choix des armes. On garde le cabriolet ou on loue une Harley ? Ou on loue carrément l’Airstream ? En Amérique tout est possible et tout a un prix.

Allez c’est parti, direction Palm Springs. Après seulement 2h de route et un stop obligatoire au In- N-Out (les meilleurs burgers du monde entier), nous sommes catapultés dans une autre époque. Ici on dirait que rien n’a changé depuis les années 50, les maisons, les jardins, le centre-ville, tout ressemble à un décor de film.

 

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C’est peut être aussi la lumière, les montagnes arides et les palmiers qui entourent la ville, qui en font un paysage si parfait, presque immobile.

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Ce n’est pas une ville ennuyeuse pour autant, et le Ace hotel en est la preuve ! On y fait la fête presque tous les soirs au bord de la piscine, et pendant le festival de Coachella c’est là que la plupart des artistes sont logés. On n’ose pas imaginer ce qu’il s’y passe… On y pose les valises pour la nuit.

Si vous êtes adeptes de design et d’architecture moderne mid-century vous êtes arrivés au paradis Allez donc vous perdre dans les rues et découvrir ces maisons de rêve, Racquet Club Road en regorge. Les boutiques du centre-ville ne sont pas en reste, toutes les pièces de maîtres sont là, vintage en parfait état, pas de réédition, vestiges de maisons de stars à peine habitées certainement…

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Le lendemain après avoir fait nos longueurs et déjeuné de fabuleux pancakes à la ricotta et à l’orange dans le resto de l’hôtel on file à Joshua Tree, un parc national hallucinant qui a pris le nom de ces arbres uniques et tortueux, les Yucca Brevifolia qui ne poussent que dans le désert du Mojave. Ils rappellent étrangement ceux de Tim Burton, mais en version Californienne sous champignons Mexicains !

Le parc est immense, pas besoin d’en faire tout le tour, on conduit jusqu’à s’imprégner de l’ambiance, puis on va s’y perdre à pied. La nature et l’atmosphère du lieu sont complètement trippantes, des yuccas de toutes les formes, des roches aux visages changeants, le tout sur une terre de sable ocre à perte de vue.

Pour rester dans l’ambiance on va s’installer au Hicksville Trailer Palace & Artist Retreat, un motel perdu au milieu du désert qui se veut aussi résidence d’artistes, fait de caravanes de toutes les époques, de la roulotte de pionnier au Airstream en passant par la loge de cirque, avec une piscine commune et une aire de barbecue, c’est un peu le far west des rockers. Josh Homme des Queens of the Stone Age en est adepte !

 

Et puis il y a Yucca Valley. Comment décrire cet endroit, minuscule et sans aucun intérêt à première vue ? Une rue principale et un bar-restaurant comme on en fait plus… Ah oui, un bled paumé !

Mais à y regarder de plus près c’est là toute l’Amérique, la vraie. Pas de hype, pas de superflu, quelques magasins d’antiquités qui regorgent de trésors, dont de nombreux bijoux indiens en turquoise et argent, et même une très bonne boutique de fringues chez Hoof & The Horn, juste à côté du très bon Ma Rouge Coffee House.

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Il faudra donc compter passer quelques heures ici pour dénicher des perles et rencontrer quelques locaux, toujours marginaux, souvent artistes, qui sauront vous parler de leur désert et de la vie qui s’y déroule. Troublant.

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Enfin le clou de la journée est à quelques kilomètres de là, Pioneertown. Pie Town, comme l’appelle les locaux, a été construit dans les années 40 comme décor de cinéma pour les films de western, et pour y loger les acteurs. Le week-end une troupe fait des shows de western en pleine rue pour faire vivre l’esprit du vieux far west (tous les samedis à 14h30 d’avril à octobre). Il y a aussi le fameux bowling, Pioneer Bowl, un des plus vieux de toute la Californie (1947) et un vrai bowling de cowboy puisque le roi des cowboys lui-même, Roy Rogers, était à l’origine du projet (il est ouvert seulement les week-ends d’avril à novembre).

Pour finir en beauté direction Pappy & Harriet’s, LE bar-restaurant que vous n’oublierez jamais. Le lieu, la musique, l’ambiance, et surtout le public, selon les soirs, sortent tout droit d’une autre planète, on ne vous en dit pas plus, allez-y, vous ne le regretterez pas ! Et si vous voulez vous immerger complètement vous pourrez passer la nuit juste derrière au Pioneertown motel, dépaysement garanti !

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Pour notre dernière journée dans le désert on fera un détour vers le sud, aux bords de la très controversée Salton Sea. La Salton Sea est un lac créé par erreur au début 1900 lors d’un déluge et après un mauvais détournement de la rivière du Colorado. Dans les années 50-60 c’est devenu une station balnéaire très prisée, avec yachts, motels, et plages au milieu du désert. Mais après deux ouragans dévastateurs, une salinité incontrôlable et une pollution par les pesticides des champs voisins, la Salton Sea s’est transformée en cauchemar, les poissons y meurent en masse, flottant à la surface ou sur les rivages, et les anciens motels et campings à caravanes semblent avoir été ravagés par une explosion nucléaire. C’est un paysage complètement apocalyptique qui vous attend, mais étrangement magnifique.

On vous conseille de faire le tour du lac par l’est (111) avec un stop au Salton Sea State Recreation Area, puis à Bombay beach, là où se trouvent les ruines les plus impressionnantes. Le prochain stop se fera à Salton City où vous pourrez enfin manger quelque chose (si vous n’avez vraiment pas le choix) et mettre de l’essence.

De là on pourra prendre la route vers Borrego Springs pour passer la nuit au Palm Canyon RV resort qui propose aussi un hôtel dans le style Far West, ainsi que des caravanes vintages toutes équipées et joliment refaites. Si vous n’êtes pas fous du concept de glamping (glamorous camping) vous pourrez toujours continuer le tour du lac pour rentrer sur Palm Springs.

Suite et fin de notre échappée californienne dimanche ! Stay tuned !

Texte : Flora Richard
Photos : Marie-Pacifique Zeltner – Studio Bibemus / Tirages disponibles ici